Musées de la mobylette en France : Découvrez les 6 plus beaux (2026)

La mobylette est bien plus qu’un simple moyen de transport : elle rappelle une période dorée de la France et demeure un symbole de liberté et d’indépendance pour les générations de Françaises et de Français qui en ont possédé une.

Aujourd’hui, plusieurs musées en France préservent ce patrimoine et permettent au public de redécouvrir et d’admirer des modèles anciens de cyclomoteurs et de deux-roues. Ce faisant, ils permettent aux passionnés de mécanique ou aux nostalgique des Trente glorieuses, de se replonger dans l’histoire industrielle et culturelle de la France.

Cet article vous présente les musées incontournables consacrés entièrement ou en partie aux mobylettes et aux cyclomoteurs : l’histoire de la collection, les pièces maîtresses à ne pas manquer, et toutes les infos pratiques (tarifs, horaires, accès) pour organiser votre visite.


Implanté dans la rue de la Fère à Saint-Quentin, en Picardie, le Musée Motobécane occupe un lieu hautement symbolique : l’ancienne usine qui produisit la première Mobylette française. Ce n’est pas un hasard si ce musée, ouvert en 2012, s’installe précisément sur le site historique où naquit une légende automobile.​

Motobécane, fondée en 1923 par Charles Benoit, Abel Bardin et Jules Bézenech, devint rapidement l’un des plus grands fabricants de deux-roues au monde. À partir de 1951, l’usine de Saint-Quentin se concentra exclusivement sur la fabrication de la Mobylette, le modèle qui allait révolutionner la mobilité urbaine française. Entre 1949 et 2002, Motobécane produisit un total impressionnant de 14 millions de Mobylettes.​

Le musée expose plus de 120 modèles de la marque aux « deux têtes de gaulois », complétés par plus de 100 machines en réserve, formant un portrait quasi-complet de l’évolution technique de la Mobylette. Parmi les pièces maîtresses figurent les légendaires modèles « Bleue » AV78, symbole du deux-roues français dans les années 1970-1980.​

Ce qui distingue particulièrement ce musée, c’est son intégration au sein du Village des Métiers d’Antan, un ensemble muséographique de 3 200 m² reconstituant avec authenticité l’artisanat des décennies passées. Cinquante-cinq ateliers métiers anciens permettent au visiteur de ne pas seulement contempler les machines, mais aussi de comprendre le contexte industriel et social dans lequel la Mobylette s’est développée.​

Depuis 2002, lorsque la dernière Mobylette sortit des chaînes de montage de Saint-Quentin, le musée s’est imposé comme le gardien du patrimoine Motobécane, préservant la mémoire d’une marque emblématique qui appartient aujourd’hui à Yamaha (MBK Industrie).​

  • Adresse : 5 rue de la Fère, 02100 Saint-Quentin
  • Site internet : village-metiers-dantan.fr
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : 11€ adulte | 6,70€ enfants (6-16 ans) | Gratuit (-6 ans)
  • Horaires : Mardi-samedi 9h-12h et 14h-18h | Dimanche 14h-18h | Fermé lundi
  • Parking : Gratuit, parking voiture dans la cour intérieure

À Riom, en Auvergne, existe un musée d’exception créé par la détermination d’un seul homme: Guy Baster. Son histoire personnelle, intimement liée à sa passion pour les deux-roues depuis l’âge de 13 ans, incarne l’essence même du collectionneur passionné.​

Guy Baster découvrit sa première moto à 13 ans : une Motobécane 100 cm³ trouvée dans une vieille grange. Cette rencontre le marqua à jamais. Après son CAP d’horloger, il dépensa sa première paie pour acheter quatre motos, parmi lesquelles une Vincent Grey Flash, une Gnôme Rhone XA avec side-car Bernardet et une Zundapp K800 4-cylindres. Doté d’une volonté remarquable, Baster voyagea en Suisse, Italie, Belgique, Danemark et même aux États-Unis pour enrichir sa collection de machines prestigieuses comme les Indian et Henderson.​

C’est en 1992 que Guy Baster, transformant l’atelier de carrosserie de son garage en musée, créa l’un des plus importants espaces dédiés au deux-roues anciens en France. Aujourd’hui, le Musée André Baster rassemble plus de 400 deux-roues provenant de 1905 à 1985 : des motos prestigieuses (Brough Superior SS 100 de 1927, 1000 Vincent, 750 MV AGUSTA), des side-cars légendaires, des cyclomoteurs français et étrangers, des scooters rares. L’une des pièces uniques exposées reste la TRAIN 4-cylindres de 1930, dont un seul modèle a jamais été recencé au monde.​

Le musée s’étend sur 2 000 m² d’exposition, complétés en 2000 et 2008 par deux extensions majeures. La deuxième extension, créée en 2008, reconstitue une rue de l’enfance de Baster, avec boutiques d’époque, amplifiant l’atmosphère immersive. Des affiches historiques, des plaques émaillées et un décor d’exception enrichissent l’expérience de visite.​

  • Adresse : 101 rue de l’Ambène, 63200 Riom
  • Site internet : museebaster.fr
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : 15€ adulte | 5€ enfants (-10 ans) | 12€ groupes (20+ personnes)
  • Marché moto : Le 2e dimanche de chaque mois
  • Accès : À Riom, Puy-de-Dôme (Auvergne)

Niché dans le cœur viticole de la Bourgogne, le Château de Savigny-lès-Beaune cache dans ses murs et ses dépendances l’une des plus vastes collections de motos historiques de France, créée par le collectionneur Michel Pont depuis 1979.​

Michel Pont, un passionné fervent, ouvrit les portes de son château au public en 1979 pour partager ses obsessions de collectionneur. Depuis cette date, Savigny accueille environ 30 000 visiteurs annuels venus contempler des merveilles roulantes.​

La collection de motos s’étend sur 250 machines datant de 1902 à 1960, couvrant toutes les nationalités : Norton, Vincent, Gilera, Velocette, M.V., Rudge, AJS, Terrot, Honda, Blériot, Peugeot, BSA, NSU, Horex, Saroléa. Parmi les pièces maîtresses figurent les motos de Jean Mermoz, l’aviateur légendaire, et celle du Chanoine Kir, dignitaire bourguignon. Chaque machine est présentée dans une scénographie sobre laissant parler les lignes de la carrosserie, la noblesse des aciers et l’ingéniosité mécanique.​ Bien que centré sur les motos, le château présente quelques cyclomoteurs historiques.

Au-delà des deux-roues, le Château de Savigny propose une expérience muséale multifacette : 30 prototypes de voitures de course Abarth, une centaine d’avions de chasse et hélicoptères dans le parc, 8 000 maquettes (dont 1 200 motos au 1/18e), 20 camions de pompiers datant de 1905-1984, et un musée unique en Bourgogne du matériel viticole avec 30 tracteurs-enjambeurs des années 1946-1956.​

  • Adresse : rue du Général Leclerc, 21420 Savigny-lès-Beaune
  • Site internet : chateau-savigny.com
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : 14€ adulte | 11€ étudiants (-26 ans) | 8,50€ enfants (8-17 ans) | Gratuit (-7 ans)
  • Horaires :
    • 27 oct-28 mars : jeudi-lundi 10h-17h30 (fermé mardi-mercredi)
    • 29 mars-24 oct : tous les jours 9h-18h30
    • Dernière entrée 1h avant fermeture
  • Accès : À 10 minutes de Beaune, 40 minutes de Dijon

Entre les plages du Débarquement de Normandie, à Osmanville, existe un musée singulier né de la passion isolée d’un collectionneur : Station 70. Durant plus de 50 ans, Luc Legleuher accumula véhicules, miniatures et objets vintages, créant un véritable hymne à l’époque routière des années 1920-1980.​

Le Musée de la RN 13 représente l’aboutissement de cinq décennies de collecte menée par Luc Legleuher, passionné fou de Mobylette et nostalgique des routes de vacances. Ce musée unique, reconnu comme musée officiel de la RN13 par la Fédération Française des Véhicules d’Époque et labellisé au niveau européen, capture l’atmosphère des départs en vacances via la mythique route nationale.​

Les collections exposées comptent plus de 70 véhicules (automobiles, motos, cyclomoteurs, vélos), complétés par une exceptionnelle collection de 10 000 miniatures et 150 plaques publicitaires émaillées datant des années 1920-1980. Luc Legleuher y reconstitua même un garage années 1950 fonctionnel avec bistrot rétro sur place, immergeant le visiteur dans l’ambiance des années de gloire routières.​

La singularité de Station 70 réside dans son atmosphère conviviale et authentique. En arrivant, c’est dans une ancienne remorque à glace Motta que Luc accueille les visiteurs, établissant immédiatement le ton : ici, pas de muséographie froide, mais une célébration chaleureuse du patrimoine des deux-roues et de l’automobile populaire.​

  • Adresse : Ancienne route Nationale 13, 14230 Osmanville, France
  • Site internet : station70.fr
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : 6€ adulte | Gratuit enfants (-12 ans)
  • Horaires : Ouvert 7 jours sur 7, 14h-19h (toute l’année)
  • Localisation : Entre Utah Beach et Omaha Beach, Normandie (Calvados)

Dans l’Abbaye Royale de Celles-sur-Belle, en Nouvelle-Aquitaine, repose une collection de 45 motos exceptionnelles, réunies par Pierre Certain, mécanicien de métier et passionné de rallye, qui restaura patiemment chaque machine avec expertise.​

Pierre Certain consacra sa vie aux deux-roues. Mécanicien de profession, il accumula les connaissances techniques sur des dizaines de modèles différents, inventa ses propres machines de course et devint expert reconnu en matière de mécanique motocycliste. Fou de voyages, il parcouru des dizaines de milliers de kilomètres à travers l’Europe au guidon de ses motos, découvrant et acquérant progressivement les machines qui constitueraient sa collection.​

Le musée expose 45 motocyclettes d’exception datant de 1903 aux années 1960, provenant de manufactures prestigieuses : Terrot, BSA, Rudge, Norton, Zundapp, BMW, Nimbus et autres marques historiques anglaises, allemandes, américaines, belges et italiennes. Certaines machines sont restaurées impeccablement, d’autres conservées dans leur « jus » d’origine, offrant aux visiteurs une opportunité rare de contempler des deux-roues centenaires en état de marche.​

Ce qui singularise cette collection, c’est qu’elle ne se limite pas à exposer des machines trouvées : Pierre Certain créa lui-même des modèles expérimentaux et ses propres pièces de rechange, témoignant d’une compréhension mécanique profonde. Depuis la cession de sa collection à la mairie de Celles-sur-Belle, elle est devenue un patrimoine communal préservé, géré par l’association Classic Moto Cellois qui organise régulièrement des sorties conviviales pour passionnés.​

  • Adresse : Abbaye Royale, 12 rue des Halles, 79370 Celles-sur-Belle
  • Site internet : abbaye-royale-celles.com
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Contact : 05 49 32 92 28
  • Tarifs : 10€ adulte | gratuit pour les moins de 18 ans
  • Horaires : 10h30-18h30 (tous les jours)
  • Accès : En Nouvelle-Aquitaine (Deux-Sèvres)

À Châtellerault, dans le département de la Vienne, existe un musée hors du commun : Le Grand Atelier. Anciennement musée Auto-Moto-Vélo, il occupe depuis 1979 l’enceinte de la Manufacture d’Armes historique (créée en 1819), transformant un site industriel du XIXe siècle en temple de la mobilité.

Le Grand Atelier fut créé grâce à la passion du collectionneur Bernard de Lassée, fondateur de l’Automobile Club de l’Ouest et représentant de la France à la Fédération internationale des véhicules anciens. Après sa mort en 1991, la ville de Châtellerault acquit ses collections et créa le Musée Auto-Moto-Vélo. En 2019, le musée fut réorganisé et rebaptisé Le Grand Atelier, musée d’art et d’industrie.​

Sur 3 000 m² de exposition, le musée présente trois parcours distincts : Auto Moto Vélo, la Manufacture d’Armes de Châtellerault, et le Cabaret du Chat Noir parisien. L’espace Auto-Moto-Vélo expose des véhicules du XIXe au XXIe siècles, incluant automobiles, motos, vélos et accessoires historiques.​

Ce qui distingue particulièrement Châtellerault, c’est sa remarquable collection de 17 scooters français, collection unique formant quasi la totalité des modèles de scooters français fabriqués dans les années 1950-1960. Parmi les pièces maîtresses figurent le Peugeot S57 (1957), le Mors S1C de 1951 (premier scooter de la Sicvam), et le Peugeot S57 C avec garde-boue avant pivotant. Cette collection, rachetée en 1999 au collectionneur Yves Dumetz, représente un témoignage crucial de l’ingéniosité française dans la mobilité urbaine des Trente Glorieuses.​

  • Adresse : 3 rue Clément Krebs, 86100 Châtellerault
  • Site internet : grand-chatellerault.fr
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : 5€ 26 ans et plus | 2,50 € tarif réduit | gratuit pour les moins de 25 ans
  • Horaires : 14h à 18h
  • Durée visite recommandée : 1h15 minimum

Après avoir exploré ces musées exceptionnels, une expérience unique vous attend à Paris : une visite guidée originale en Peugeot 103 restaurée, convertie en électrique.​

Paris en Mobylette propose plusieurs parcours guidés par un docteur en histoire urbaine de la Sorbonne, combinant passion pour les deux-roues et découverte du patrimoine parisien. Vous pouvez suivre « Les Splendeurs de Paris » (Notre-Dame, Tour Eiffel, Pyramide du Louvre), « Les Secrets de Paris » (quartiers-villages comme Montsouris ou la Butte aux Cailles), ou « Les Lumières de Paris » (monuments illuminés la nuit).​

Ces visites offrent l’occasion parfaite de compléter votre compréhension du phénomène Mobylette : après avoir admiré les machines dans les vitrines des musées, venez les redécouvrir sur les pavés authentiques de la Ville Lumière, au cœur de l’histoire urbaine qui forgea sa légende.


Quel est le plus grand musée de la mobylette en France ?

Le Musée André Baster de Riom est le plus vaste par le nombre de pièces, avec plus de 400 deux-roues exposés datant de 1905 à 1985. Le Musée Motobécane de Saint-Quentin reste toutefois la référence pour la Mobylette elle-même, puisqu’il est installé dans l’ancienne usine qui l’a vue naître.

Où voir la toute première usine ayant produit la Mobylette ?

À Saint-Quentin, dans l’Aisne. Le Musée Motobécane occupe directement les locaux de l’ancienne usine Motobécane, qui a fabriqué environ 14 millions de Mobylettes entre 1949 et 2002.

Peut-on visiter plusieurs de ces musées en un seul voyage ?

Certains sont proches géographiquement les uns des autres : le Château de Savigny (Bourgogne) se visite facilement en complément d’un séjour dans la région de Beaune, tandis que Station 70 (Normandie) et le Musée André Baster (Auvergne) demandent des trajets séparés, la France ne comptant pas de véritable “route des musées de la mobylette” reliant les six sites.

Existe-t-il un musée de la mobylette à Paris ?

Non, aucun des six musées présentés ne se trouve à Paris. En revanche, Paris en Mobylette propose de découvrir la capitale au guidon d’une Peugeot 103 restaurée et convertie à l’électrique, pour vivre l’expérience de la Mobylette plutôt que de seulement l’admirer en vitrine.