Musées de la mobylette en France : Découvrez les 6 plus beaux

La mobylette incarne bien plus qu’un simple moyen de transport : elle représente une période dorée de la mobilité urbaine française, symbole de liberté et d’indépendance pour les générations qui l’ont chevauchée. Aujourd’hui, plusieurs musées en France préservent ce patrimoine vivant en exposant des collections exceptionnelles de cyclomoteurs et de deux-roues historiques. Que vous soyez un passionné de mécanique ou un nostalgique des années 1970-1980, ces temples de la mobylette vous offrent une plongée fascinante dans l’histoire industrielle et culturelle de France. Cet article vous guide à travers les incontournables musées consacrés à la mobylette et aux cyclomoteurs en France, chacun présentant des collections uniques et des histoires émouvantes.​

Une accroche historique majeure

Implanté dans la rue de la Fère à Saint-Quentin, en Picardie, le Musée Motobécane occupe un lieu hautement symbolique : l’ancienne usine qui produisit la première Mobylette française. Ce n’est pas un hasard si ce musée, ouvert en 2012, s’installe précisément sur le site historique où naquit une légende automobile.

L’histoire du musée et ses collections

Motobécane, fondée en 1923 par Charles Benoit, Abel Bardin et Jules Bézenech, devint rapidement l’un des plus grands fabricants de deux-roues au monde. À partir de 1951, l’usine de Saint-Quentin se concentra exclusivement sur la fabrication de la Mobylette, le modèle qui allait révolutionner la mobilité urbaine française. Entre 1949 et 2002, Motobécane produisit un total impressionnant de 14 millions de Mobylettes.

Le musée expose plus de 120 modèles de la marque aux « deux têtes de gaulois », complétés par plus de 100 machines en réserve, formant un portrait quasi-complet de l’évolution technique de la Mobylette. Parmi les pièces maîtresses figurent les légendaires modèles « Bleue » AV78, symbole du deux-roues français dans les années 1970-1980.

Ce qui distingue particulièrement ce musée, c’est son intégration au sein du Village des Métiers d’Antan, un ensemble muséographique de 3 200 m² reconstitutionnant avec authenticité l’artisanat des décennies passées. Cinquante-cinq ateliers métiers anciens permettent au visiteur de ne pas seulement contempler les machines, mais aussi de comprendre le contexte industriel et social dans lequel la Mobylette s’est développée.

Depuis 2002, lorsque la dernière Mobylette sortit des chaînes de montage de Saint-Quentin, le musée s’est imposé comme le gardien du patrimoine Motobécane, préservant la mémoire d’une marque emblématique qui appartient aujourd’hui à Yamaha (MBK Industrie).

Infos pratiques

  • Adresse : 5 rue de la Fère, 02100 Saint-Quentin
  • Site internet : village-metiers-dantan.fr
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : 11€ adulte | 6,70€ enfants (6-16 ans) | Gratuit (-6 ans)
  • Horaires : Mardi-samedi 9h-12h et 14h-18h | Dimanche 14h-18h | Fermé lundi
  • Parking : Gratuit, parking voiture dans la cour intérieure

Une accroche chargée de passion

À Riom, en Auvergne, existe un musée d’exception créé par la détermination d’un seul homme: Guy Baster. Son histoire personnelle, intimement liée à sa passion pour les deux-roues depuis l’âge de 13 ans, incarne l’essence même du collectionneur passionné.​

L’histoire du musée et ses collections

Guy Baster découvrit sa première moto à 13 ans : une Motobécane 100 cm³ trouvée dans une vieille grange. Cette rencontre le marqua à jamais. Après son CAP d’horloger, il dépensa sa première paie pour acheter quatre motos, parmi lesquelles une Vincent Grey Flash, une Gnôme Rhone XA avec side-car Bernardet et une Zundapp K800 4-cylindres. Doté d’une volonté remarquable, Baster voyagea en Suisse, Italie, Belgique, Danemark et même aux États-Unis pour enrichir sa collection de machines prestigieuses comme les Indian et Henderson.

C’est en 1992 que Guy Baster, transformant l’atelier de carrosserie de son garage en musée, créa l’un des plus importants espaces dédiés au deux-roues anciens en France. Aujourd’hui, le Musée André Baster rassemble plus de 400 deux-roues provenant de 1905 à 1985 : des motos prestigieuses (Brough Superior SS 100 de 1927, 1000 Vincent, 750 MV AGUSTA), des side-cars légendaires, des cyclomoteurs français et étrangers, des scooters rares. L’une des pièces uniques exposées reste la TRAIN 4-cylindres de 1930, dont un seul modèle a jamais été recencé au monde.​

Le musée s’étend sur 2 000 m² d’exposition, complétés en 2000 et 2008 par deux extensions majeures. La deuxième extension, créée en 2008, reconstitue une rue de l’enfance de Baster, avec boutiques d’époque, amplifiant l’atmosphère immersive. Des affiches historiques, des plaques émaillées et un décor d’exception enrichissent l’expérience de visite.

Infos pratiques

  • Adresse : 101 rue de l’Ambène, 63200 Riom
  • Site internet : museebaster.fr
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : 15€ adulte | 5€ enfants (-10 ans) | 12€ groupes (20+ personnes)
  • Marché moto : Le 2e dimanche de chaque mois
  • Accès : À Riom, Puy-de-Dôme (Auvergne)

Une accroche architecturale et passionnelle

Niché dans le cœur viticole de la Bourgogne, le Château de Savigny-lès-Beaune cache dans ses murs et ses dépendances l’une des plus vastes collections de motos historiques de France, créée par le collectionneur Michel Pont depuis 1979.

L’histoire du musée et ses collections

Michel Pont, un passionné fervent, ouvrit les portes de son château au public en 1979 pour partager ses obsessions de collectionneur. Depuis cette date, Savigny accueille environ 30 000 visiteurs annuels venus contempler des merveilles roulantes.​

La collection de motos s’étend sur 250 machines datant de 1902 à 1960, couvrant toutes les nationalités : Norton, Vincent, Gilera, Velocette, M.V., Rudge, AJS, Terrot, Honda, Blériot, Peugeot, BSA, NSU, Horex, Saroléa. Parmi les pièces maîtresses figurent les motos de Jean Mermoz, l’aviateur légendaire, et celle du Chanoine Kir, dignitaire bourguignon. Chaque machine est présentée dans une scénographie sobre laissant parler les lignes de la carrosserie, la noblesse des aciers et l’ingéniosité mécanique.​

Au-delà des motos, le Château de Savigny propose une expérience muséale multifacette : 30 prototypes de voitures de course Abarth, une centaine d’avions de chasse et hélicoptères dans le parc, 8 000 maquettes (dont 1 200 motos au 1/18e), 20 camions de pompiers datant de 1905-1984, et un musée unique en Bourgogne du matériel viticole avec 30 tracteurs-enjambeurs des années 1946-1956.​

Infos pratiques

  • Adresse : rue du Général Leclerc, 21420 Savigny-lès-Beaune
  • Site internet : chateau-savigny.com
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : 14€ adulte | 11€ étudiants (-26 ans) | 8,50€ enfants (8-17 ans) | Gratuit (-7 ans)
  • Horaires :
    • 27 oct-28 mars : jeudi-lundi 10h-17h30 (fermé mardi-mercredi)
    • 29 mars-24 oct : tous les jours 9h-18h30
    • Dernière entrée 1h avant fermeture
  • Accès : À 10 minutes de Beaune, 40 minutes de Dijon

Une accroche nostalgique et passionnelle

Entre les plages du Débarquement de Normandie, à Musulmville, existe un musée singulier né de la passion isolée d’un collectionneur : Station 70. Durant plus de 50 ans, Luc Legleuher accumula véhicules, miniatures et objets vintages, créant un véritable hymne à l’époque routière des années 1920-1980.​

L’histoire du musée et ses collections

Le Musée de la RN 13 représente l’aboutissement de cinq décennies de collecte menée par Luc Legleuher, passionné fou de Mobylette et nostalgique des routes de vacances. Ce musée unique, reconnu comme musée officiel de la RN13 par la Fédération Française des Véhicules d’Époque et labellisé au niveau européen, capture l’atmosphère des départs en vacances via la mythique route nationale.​

Les collections exposées comptent 70+ véhicules (automobiles, motos, cyclomoteurs, vélos), complétés par une exceptionnelle collection de 10 000 miniatures et 150 plaques publicitaires émaillées datant des années 1920-1980. Luc Legleuher y reconstitua même un garage années 1950 fonctionnel avec bistrot rétro sur place, immergant le visiteur dans l’ambiance des années de gloire routières.​

La singularité de Station 70 réside dans son atmosphère conviviale et authentique. En arrivant, c’est dans une ancienne remorque à glace Motta que Luc accueille les visiteurs, établissant immédiatement le ton : ici, pas de muséographie froide, mais une célébration chaleureuse du patrimoine des deux-roues et de l’automobile populaire.

Infos pratiques

  • Adresse : Ancienne RN13, Le Bourg, 14230 Musulmville
  • Site internet : station70.fr
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : 6€ adulte | Gratuit enfants (-12 ans)
  • Horaires : Ouvert 7 jours sur 7, 14h-19h (toute l’année)
  • Localisation : Entre Utah Beach et Omaha Beach, Normandie (Calvados)

Une accroche basée sur l’expertise mécanique

Dans l’Abbaye Royale de Celles-sur-Belle, en Nouvelle-Aquitaine, repose une collection de 45 motos exceptionnelles, réunies par Pierre Certain, mécanicien de métier et passionné de rallye, qui restaura patiemment chaque machine avec expertise.​

L’histoire du musée et ses collections

Pierre Certain consacra sa vie aux deux-roues. Mécanicien de profession, il accumula les connaissances techniques sur des dizaines de modèles différents, inventa ses propres machines de course et devint expert reconnu en matière de mécanique motocycliste. Fou de voyages, il parcouru des dizaines de milliers de kilomètres à travers l’Europe au guidon de ses motos, découvrant et acquérant progressivement les machines qui constitueraient sa collection.​

Le musée expose 45 motocyclettes d’exception datant de 1903 aux années 1960, provenant de manufactures prestigieuses : Terrot, BSA, Rudge, Norton, Zundapp, BMW, Nimbus et autres marques historiques anglaises, allemandes, américaines, belges et italiennes. Certaines machines sont restaurées impeccablement, d’autres conservées dans leur « jus » d’origine, offrant aux visiteurs une opportunité rare de contempler des deux-roues centenaires en état de marche.​

Ce qui singularise cette collection, c’est qu’elle ne se limite pas à exposer des machines trouvées : Pierre Certain créa lui-même des modèles expérimentaux et ses propres pièces de rechange, témoignant d’une compréhension mécanique profonde. Depuis la cession de sa collection à la mairie de Celles-sur-Belle, elle est devenue un patrimoine communal préservé, géré par l’association Classic Moto Cellois qui organise régulièrement des sorties conviviales pour passionnés.

Infos pratiques

  • Adresse : Abbaye Royale, 12 rue des Halles, 79370 Celles-sur-Belle
  • Site internet : abbaye-royale-celles.com
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Contact : 05 49 32 92 28
  • Tarifs : À confirmer avec le musée (donation possible)
  • Horaires : 10h30-18h30 (tous les jours)
  • Accès : En Nouvelle-Aquitaine (Deux-Sèvres)

Une accroche industrielle et culturelle

À Châtellerault, dans le département de la Vienne, existe un musée hors du commun : Le Grand Atelier. Anciennement musée Auto-Moto-Vélo, il occupe depuis 1979 l’enceinte de la Manufacture d’Armes historique (créée en 1819), transformant un site industriel du XIXe siècle en temple de la mobilité.​

L’histoire du musée et ses collections

Le Grand Atelier fut créé grâce à la passion du collectionneur Bernard de Lassée, fondateur de l’Automobile Club de l’Ouest et représentant de la France à la Fédération internationale des véhicules anciens. Après sa mort en 1991, la ville de Châtellerault acquit ses collections et créa le Musée Auto-Moto-Vélo. En 2019, le musée fut réorganisé et rebaptisé Le Grand Atelier, musée d’art et d’industrie.​

Sur 3 000 m² de exposition, le musée présente trois parcours distincts : Auto Moto Vélo, la Manufacture d’Armes de Châtellerault, et le Cabaret du Chat Noir parisien. L’espace Auto-Moto-Vélo expose des véhicules du XIXe au XXIe siècles, incluant automobiles, motos, vélos et accessoires historiques.​

Ce qui distingue particulièrement Châtellerault, c’est sa remarquable collection de 17 scooters français, collection unique formant quasi la totalité des modèles de scooters français fabriqués dans les années 1950-1960. Parmi les pièces maîtresses figurent le Peugeot S57 (1957), le Mors S1C de 1951 (premier scooter de la Sicvam), et le Peugeot S57 C avec garde-boue avant pivotant. Cette collection, rachetée en 1999 au collectionneur Yves Dumetz, représente un témoignage crucial de l’ingéniosité française dans la mobilité urbaine des Trente Glorieuses.

Infos pratiques

  • Adresse : 3 rue Clément Krebs, 86100 Châtellerault
  • Site internet : grand-chatellerault.fr
  • Google Maps : Localiser sur Google Maps
  • Tarifs : À confirmer auprès du musée (entrée estimée entre 7-10€)
  • Horaires : À confirmer
  • Visiteurs annuels : ~11 000-20 000 visiteurs par an
  • Durée visite recommandée : 1h15 minimum

Après avoir exploré ces musées exceptionnels, une expérience unique vous attend à Paris : une visite guidée originale en Peugeot 103 restaurée, convertie en électrique.

Paris en Mobylette propose plusieurs parcours guidés par un docteur en histoire urbaine de la Sorbonne, combinant passion pour les deux-roues et découverte du patrimoine parisien. Vous pouvez suivre « Les Splendeurs de Paris » (Notre-Dame, Tour Eiffel, Pyramide du Louvre), « Les Secrets de Paris » (quartiers-villages comme Montsouris ou la Butte aux Cailles), ou « Les Lumières de Paris » (monuments illuminés la nuit).

Ces visites offrent l’occasion parfaite de compléter votre compréhension du phénomène Mobylette : après avoir admiré les machines dans les vitrines des musées, venez les redécouvrir sur les pavés authentiques de la Ville Lumière, au cœur de l’histoire urbaine qui forgea sa légende.


La mobylette ne se résume pas à une machine : elle incarne plusieurs générations de culture, de mobilité populaire et d’innovations techniques françaises. Les six musées présentés dans cet article forment un parcours complet à travers l’histoire et l’évolution du cyclomoteur en France.​

De la collection quasi-complète des Motobécanes de Saint-Quentin aux machines exceptionnelles du Château de Savigny, des pièces uniques du Musée André Baster à la collection d’expertise de Pierre Certain, chaque musée offre une perspective unique sur ce patrimoine vivant.​

Que vous soyez restaurateur passionné, collectionneur nostalgique ou simplement curieux d’histoire industrielle, ces musées consacrés à la mobylette promettent une expérience riche et émouvante. Et pour une immersion complète, ne manquez pas de conclure votre odyssée cyclomotoriste par une balade parisienne en Peugeot 103 restaurée avec Paris en Mobylette.

La mobylette a façonné le paysage urbain français pendant cinquante ans. Ces musées en sont les gardiens vigilants, conservant la mémoire d’une époque révolue mais jamais oubliée.