panorama de Paris pendant une visite historique de Paris

Visite guidée historique de Paris : l’essentiel à connaître sur l’histoire de Paris avant de visiter la capitale

Avant de visiter la Ville Lumière (si vous ne réservez pas une visite guidée historique de Paris) il est nécessaire d’avoir quelques notions de l’histoire de la ville afin d’en profiter pleinement et de vivre une expérience touristique complète.

Cela est aussi nécessaire que de réserver un bon hôtel, repérer les bons restaurants et les adresses des musées, ou de se renseigner sur les meilleurs moyens de transports à Paris.

En effet, même s’il est plaisant de flâner dans les rues de Paris, de regarder les monuments et de se prendre en photo dans les lieux « instagrammable », il serait dommage de se limiter à cela.

Connaitre au préalable l’histoire de la ville vous permettra de mieux comprendre ce que vous voyez et de mieux en saisir la beauté, car l’importance qu’on donne aux monuments et aux lieux découle souvent des événements qui ont sous-tendu leur construction ou qui s’y sont déroulés.

Dans cet article, vous trouverez donc les grandes étapes de la construction, de l’élargissement et l’embellissement de Paris au cours des siècles.


L’histoire de Paris commence vers 250-225 avant J.-C., lorsque les Parisii, peuple celte venu d’Europe centrale, s’installent sur l’île de la Cité, au milieu de la Seine, et y fondent un petit hameau.

Carte datant datant Moyen age et imaginant le village des Parisii

Profitant des possibilités offertes par la Seine, et du positionnement de l’île au croisement de diverses routes terrestre, les Parisii développent une importante activité commerciale entre Méditerranée et îles Britanniques.

Conquête et développement par les Romains

Vers 52 av. J.-C., Jules César conquiert la Gaule. Ce faisant, il intègre dans l’Empire romain le petit village gaulois des Parisii. Celui-ci devient alors une cité gallo-romaine nommée Lutèce.​

représentation de Lutèce utilisée lors d'une visite guidée historique de Paris
Carte représentant Lutèce

Sous l’administration romaine, Lutèce prospère et 8 000 habitants finissent par la peupler.​ La ville adopte progressivement les caractéristiques typiques des cités romaines : routes pavées, forum, thermes, arènes et temples. Ces monuments reflètent l’intégration culturelle et économique de la ville dans le vaste réseau impérial.

Ruines des Arènes de Lutèce avec gradins en pierre lors d'une visite guidée historique de Paris
Vestiges des arènes de Lutèce

Les habitants de Lutèce adoptent aussi les croyances religieuses romaines, tout en conservant leur foi en certaines divinités celtiques.


Début des invasions barbares

À partir du IIIe siècle, tout change. Les invasions barbares ravagent la Gaule. Lutèce, ouverte et prospère, est régulièrement attaquée et incendiée.

La population se retranche progressivement sur l’île de la Cité, protégée par la Seine qui l’entoure. Les Romains démolissent les grands monuments de la rive gauche pour construire une enceinte fortifiée sur cette île.

Une carte représentant le village des Parisii
Carte datant du Moyen âge représentant le village des Parisii

Christianisation

Vers 250, Saint Denis, évangélisateur chrétien, arrive à Lutèce pour convertir la population locale. Arrêté par un préfet romain, il est décapité sur le mont des Martyrs (Montmartre). Selon la légende chrétienne, après son martyre, il ramassa sa tête et marcha 6 000 pas jusqu’à l’actuelle ville de Saint-Denis. Cet événement marque le début symbolique de l’implantation chrétienne à Lutèce.

Une rue de Montmartre lors d'une visite guidée historique de Paris
Montmartre

En 360, un concile se réunit à Paris, témoignant de l’importance croissante de la structure ecclésiale parisienne à cette période. Cependant, la coexistence pacifique entre les deux panthéons, païen et chrétien, persiste longtemps, comme le montre le Pilier des Nautes (conservé au Musée de Cluny), qui représente les dieux romains et gaulois côte à côte.


De la citadelle à la capitale du royaume franc

Au 5e siècle, les attaques de différents peuples barbares se poursuivent. En 451, Attila et les Huns menacent ainsi d’envahir Paris. Tandis que les Parisiens se préparent à fuir, Geneviève, une religieuse catholique, les incite à rester et à prier afin d’obtenir le salut de la ville. Miracle ou coïncidence, les Huns changent finalement de direction, préférant attaquer Orléans.

Statue de Sainte-Geneviève sur le Pont de la Tournelle lors d'une visite guidée historique de Paris
Statue de Sainte-Geneviève sur le Pont de la Tournelle

Vingt ans plus tard, c’est au tour de Clovis et des Francs de menacer la ville. Geneviève négocie avec lui et obtient sa conversion au catholicisme et l’absence de violence contre les Parisiens en échange de la soumission de Paris. Clovis est baptisé à Reims en 496.

La capitale du royaume franc

En 508, Clovis établit le siège de son royaume à Paris. L’antiquité et l’époque romaine s’achèvent pour laisser place au Moyen-âge.

Sous les règnes de Clovis et de son fils Childebert, Paris se couvre d’églises : la basilique des Saints-Apôtres, édifiée en 507, devient la basilique Sainte-Geneviève. L’église Sainte-Croix-Saint-Vincent (actuelle Abbaye Saint-Germain-des-Prés) est fondé en 543 par Childebert. Enfin, la Cathédrale Saint-Étienne, avec cinq nefs et 36 mètres de façade, est élevée à l’emplacement de l’actuelle Notre-Dame.

À cette époque, la population atteint 15 000 à 20 000 habitants. Des marchands syriens et juifs arrivent, témoignant d’un certain renouveau commercial de la ville. Néanmoins, cette dernière ne se développe guère et le royaume de France végète pendant longtemps.  


Croissance de la ville et concentration du pouvoir à Paris

Le véritable essor urbain de Paris débute au 12e siècle. La population explose : de 25 000 habitants en 1180, elle atteint environ 50 000 vers 1220, puis 200 000 habitants en 1328. Cette croissance exceptionnelle reflète l’importance croissante de Paris en tant que centre politique, religieux et intellectuel du royaume de France.

En effet, à cette époque, le roi Philippe Auguste et ses successeurs (Louis IX et Philippe le Bel) font de leur Palais, situé sur l’île de la Cité, le centre administratif de leur royaume en y réunissant le Parlement, la Chambre des comptes, le Trésor et les Archives royales et diverses cours de justice.

Ils transforment aussi Paris pour tenter de l’adapter à son essor et à son rôle de capitale. Ils font paver les rues, améliorent l’assainissement et créent des halles couvertes pour les marchands.​ Enfin, ils font aussi construire une grande enceinte autour de la ville pour la protéger des attaques des Anglais.

En 1163, l’évêque Maurice de Sully lance un projet titanesque : la construction de la cathédrale Notre-Dame. Cette cathédrale gothique, également située sur l’île de la Cité, devint l’une des plus grandes églises d’Europe.

Une ville divisée en trois zones

Au Moyen-âge, Paris se structure en trois zones complémentaires. L’île de la Cité demeure le siège du pouvoir royal et du pouvoir religieux.

La partie nord de la ville (la Rive droite) concentre quant à elle les commerces, avec un port sur les rives de la Seine, des marchés, des halles couvertes, et des grandes foires ponctuelles rassemblant des marchands venant de tout le royaume et de ceux avoisinants.

Enfin, la partie sud de la ville (la Rive gauche) devient le cœur intellectuel du royaume avec l’apparition de nombreux collèges comme la Sorbonne qui finissent par se rassembler pour former l’Université de Paris. Au 13e siècle, 10 000 étudiants venus de France et d’Europe y étudient.


Plan de Paris au 17e siècle

François Ier et le modèle italien de la “ville idéale”

Au XVIe siècle, la population atteint entre 300 000 et 350 000 habitants vers 1550, faisant de Paris la plus grande ville d’Europe. C’est aussi le début d’une période de renaissance intellectuelle et architecturale.

A cette époque, le roi François Ier (1515-1547), inspiré par ses campagnes militaires en Italie, ramène en effet à Paris le concept de la “ville idéale” et lance des travaux d’embellissement dans Paris. Il ordonne la rénovation du château du Louvre, ancienne forteresse médiévale. Il fait construire l’Hôtel de Ville. Il lance les premiers travaux d’aménagement des bords de Seine. Les rois qui lui succèdent prolongent son œuvre.

Gravure de l’Hôtel de Ville

Henri IV et les premiers plans d’urbanisme

Ainsi, après les ravages des guerres de Religion, Henri IV entreprend dès 1594 une restauration spectaculaire de Paris, planifiée et imposée par des ordonnances royales.​

Il fait ainsi construire le Pont Neuf. Celui-ci est le premier pont parisien : à être construit en pierre, à être équipée d’un trottoir, à traverser entièrement la Seine et à ne pas être recouvert d’habitations. Inauguré en 1607, le Pont Neuf devient immédiatement un foyer de vie urbaine, attirant marchands et promeneurs.

Le Pont Neuf enjambant la Seine avec ses arcades caractéristiques lors d'une visite guidée historique de Paris
Le Pont Neuf : Un incontournable pour toute visite guidée historique de Paris

Henri IV crée également le concept des « places royales » constituées d’un ensemble de constructions uniformes organisées autour d’une place au centre de laquelle est érigée une statue. La Place Royale (actuelle Place des Vosges) et la Place Dauphine, entre le Pont Neuf et l’île de la Cité sont ainsi construites avec la volonté de contrôler l’espace urbain par l’harmonie architecturale.

Le XVIIe siècle : embellissement sous la monarchie absolue

Au XVIIe siècle, malgré l’absence de Louis XIV (qui préfère sa résidence à Versailles), Paris continue son embellissement : colonnade du Louvre de Perrault, Jardin des Plantes, Palais-Royal, Invalides, Val-de-Grâce…

Les Invalides

Nationalisations et destructions

La Révolution de 1789 impose un arrêt radical aux travaux d’embellissement urbain qui caractérisaient le Paris du XVIIIe siècle. La construction stagne dès le déclenchement des événements révolutionnaires.

Le décret du 2 novembre 1789 constitue le tournant majeur : l’État nationalise l’intégralité des biens du clergé. Dès 1790, vandalisme et destructions massives commencent. À Paris, l’église Saint-André-des-Arts, l’église Saint-Paul-des-Champs, l’église Saint-Jean-en-Grève, parmi de nombreuses autres, disparaissent entièrement. Ailleurs, le cloître de Cluny est démolie pierre par pierre entre 1798 et 1823, ne conservant que 8% de l’édifice originel. Ces démolitions visent l’effacement systématique du patrimoine religieux, mais n’aboutissent pas une politique urbaine régénératrice et l’espace libéré par les destructions ne reçoit aucun aménagement pendant des années.

De nouveaux usages pour les monuments anciens

Enfin, ce qui n’est pas détruit change d’usage. Le Palais des Tuileries, ancien palais royal, est reconvertis en siège de la Convention nationale dès septembre 1792. Le Louvre devient le « Palais national », le Carrousel se transforme en « place de la Fraternité ». Notre-Dame elle-même change d’affectation : elle devient successivement le siège d’une tentative de création d’une nouvelle religion matérialiste et est rebaptisée « temple de la Raison », puis « temple de l’Être Suprême » en juin 1794, avant de redevenir église paroissiale. Enfin, la toute nouvelle église de Sainte-Geneviève est transformé en Panthéon afin d’honorer les héros de la jeune république.

Le Panthéon

Un Paris “médiéval” confronté à la modernité

Au milieu du XIXe siècle, Paris fait face à une crise urbaine aigüe. Le centre-ville, avec ses rues étroites et sinueuses datant du Moyen Âge, s’avère surpeuplé, dangereux et insalubre. Les épidémies de choléra et les conditions sanitaires déplorables motivent une refonte complète de la cité.​

Maison à colombages ancienne rue de la Barre lors d'une visite guidée historique de Paris
Maison à colombages de la rue de la Barre

Haussmann et la “vision de ventilation urbaine”

En 1853, l’empereur Napoléon III confie à son préfet de la Seine, le Baron Georges-Eugène Haussmann, la mission de transformer Paris en ville moderne. Haussmann conçoit une stratégie d’urbanisme révolutionnaire : “ventiler” la ville en largeur, uniformiser son aspect, et faciliter la circulation des personnes—et indirectement, le déploiement des forces de l’ordre en cas de trouble social.​

Entre 1853 et 1870, Haussmann procède à des travaux d’une ampleur stupéfiante. Il démolit 18 000 bâtiments sur 30 000 existants. Des dizaines de milliers de familles sont déplacées. Les pauvres, expulsés du centre-ville en cours de gentrification, se retrouvent refoulés vers la périphérie.

Travaux du boulevard Hausmann

L’espace laissé vide par les destructions permet la création de soixante-dix kilomètres de voies et notamment de grands boulevards traversant Paris : l’axe est-ouest reliant la rue de Rivoli et la rue Saint-Antoine, et l’axe nord-sud incluant les boulevards Saint-Germain et Magenta.

Les nouveaux immeubles qui sont construits le long de ces nouvelles doivent respecter des règles architecturales précises (hauteur uniforme, pierre de taille, fenêtres régulières, balcons ornementés, etc.) afin de conserver une apparence harmonieuse.

Moins visible mais tout aussi crucial, Haussmann développe un réseau d’égouts et d’eau potable s’étendant sur des centaines de kilomètres. Cette infrastructure souterraine améliore considérablement l’hygiène de Paris. Des parcs et des bois (Bois de Boulogne, Bois de Vincennes) sont aménagés pour offrir des espaces verts aux habitants.​


Art Nouveau : réaction contre la rigidité haussmannienne

À la fin du XIXe siècle, un mouvement contraire émerge. L’Art Nouveau, privilégiant les formes courbes, les motifs organiques et l’intégration de l’art dans l’espace urbain, offre une alternative à la rigidité haussmannienne. Hector Guimard, architecte visionnaire, crée par exemple le Castel Béranger (achevé en 1898), reconnu comme œuvre fondatrice de ce mouvement.​

Modernisation

Trente ans après les transformations haussmanniennes, Paris s’engage dans une nouvelle révolution infrastructurelle.

Pont de Bir-Hakeim

En 1888, le Conseil municipal décide la création d’un réseau cohérent de distribution d’électricité. L’électrification gagne d’abord les grands boulevards haussmanniens, symboles de la modernité parisienne, transformant la vie nocturne de la capitale. Cette transition du gaz à l’électricité affirme le statut de Paris en tant que « Ville lumière ».

Le 19 juillet 1900, la première ligne du métro inaugure le transport moderne. Le succès est immédiat : en cinq mois d’exploitation, plus de 4 millions de voyageurs empruntent les nouvelles rames électriques au tarif abordable de 15 à 25 centimes.

Les Expositions universelles

Les deux Expositions universelles de 1889 et 1900 transforment définitivement le paysage parisien par des édifices pensés d’abord comme temporaires, mais devenus permanents.

L’Exposition de 1889, qui attire 32 millions de visiteurs, voit la construction de la Tour Eiffel, monument révolutionnaire de 300 mètres conçu par Gustave Eiffel et destiné initialement à être détruite.

La Tour Eiffel symbole de la Belle Époque lors d'une visite guidée historique de Paris
Tour Eiffel

L’Exposition universelle de 1900, avec plus de 50 millions de visiteurs, consolide cette approche monumentale. Le Grand Palais et le Petit Palais, édifiés sur l’emplacement du Palais de l’Industrie de 1855, constituent un ensemble architectural magistral : le Grand Palais, d’abord hôpital militaire pendant la Grande Guerre, devient musée et lieu d’expositions ; le Petit Palais se transforme en Musée des Beaux-Arts. Le pont Alexandre-III, construit en une seule portée d’acier sans pilier intermédiaire, incarne la prouesse technique. La gare d’Orsay, édifiée pour l’Exposition, sera reconvertie en musée d’art majeur en 1986.

La tour Montparnasse

Après la Seconde Guerre mondiale, Paris connaît une période de reconstruction et de modernisation appelée les “Trente Glorieuses” (1945-1974). L’architecture moderniste, privilégiant le béton, l’acier et le verre, domine cette période.


Conclusion

Ainsi, en plus de deux millénaires d’histoire, Paris est passé d’un petit hameau celte à une capitale mondiale de la culture, de l’art et de la modernité comptant plus de 2 millions d’habitants.

Maintenant que vous avez saisi les principales étapes de cette évolution, votre balade dans les rues de la capitale française se transformera en une plongée dans l’histoire…