Paris insolite et original : top 7 des lieux que les touristes ne connaissent pas

Découvrez le Paris insolite et original. Paris, ce n’est pas seulement la tour Eiffel vue depuis le Trocadéro. Paris, ça peut être aussi un château médiéval au fond d’une rue du Marais, un amphithéâtre romain derrière des immeubles, une pagode chinoise rouge vif près du parc Monceau ou encore un hameau alsacien perché au‑dessus de la Butte‑aux‑Cailles.

En vous éloignant des grands circuits, et en lisant cet article, vous pourrez découvrir sept lieux étonnants, rarement fréquentés par les touristes, mais faciles d’accès en métro ou en bus, pour visiter Paris autrement.


À deux pas de la Seine, au milieu du quartier du Marais, vous tomberez sur l’Hôtel de Sens. La construction a un aspect qui tranche radicalement avec les immeubles alentours et elle vous donnera l’impression de vous retrouver subitement au Moyen-âge.

L'hôtel de Sens, étape incontournable du Paris insolite et original

Son architecture mêle style gothique flamboyant et premières influences de la Renaissance. Sa façade est ainsi composées de grandes lucarnes sculptées, de pignons aigus, de tourelles d’angle et d’un portail surmonté de blasons.

L’Hôtel a été construit entre 1475 et 1519 pour Tristan de Salazar, archevêque de Sens. Il servait de résidence parisienne aux prélats de Sens, alors juridiquement supérieurs à l’évêque de Paris. Après des usages variés, l’Hôtel de Sens est classé monument historique en 1862 et restauré au XXᵉ siècle. Il abrite aujourd’hui la bibliothèque Forney, spécialisée dans les arts décoratifs, le design et l’architecture, gérée par la Ville de Paris.​

  • Métro : Saint‑Paul (L1), Pont Marie (L7), Sully‑Morland (L7), Hôtel de Ville (L1, L11).​
  • Bus : lignes 67, 69, 72, 87, 96 (quais de Seine et rue Saint‑Antoine).​

Après cette étape, traversez le jardin de l’Hôtel de Sens, puis rejoignez le village Saint‑Paul, l’Île Saint‑Louis ou l’église Saint‑Gervais. Pour approfondir l’histoire des lieux secrets du Marais, une visite thématique comme celle proposée sur Paris en Mobylette permet de replacer l’hôtel dans le tissu urbain médiéval.​


En poussant une grille rue Monge, on débouche soudain sur une vaste arène de sable entourée de gradins en pierre et d’immeubles modernes.

Il s’agit des arènes de Lutèce. Peu de touristes les connaissent, alors qu’il s’agit avec les thermes de Cluny de l’un des plus anciens monuments de Paris.​

Construites entre le Iᵉʳ et le IIᵉ siècle après J.‑C., les arènes combinaient les fonctions de théâtre et d’amphithéâtre : une scène accueillait pièces et déclamations, tandis que l’arène centrale recevait combats de gladiateurs et chasses aux animaux. Elles pouvaient accueillir environ 15 000 à 17 000 spectateurs, soit l’essentiel de la population de Lutèce.

Après les invasions barbares et le Moyen-âge, le site est en grande partie comblé. Il est redécouvert au XIXᵉ siècle lors du percement de la rue Monge. Grâce à une campagne de sauvegarde, une partie des gradins et de l’arène est dégagée et transformée en square public, désormais géré par la Ville de Paris.​

Aujourd’hui, on y voit encore les vestiges des gradins, des loges et des cages qui servaient aux animaux. L’espace est utilisé comme terrain de jeux, de football ou de pétanque, mais conserve une atmosphère particulière, surtout tôt le matin ou en fin de journée.​

  • Adresse : 4, rue des Arènes, 75005 Paris.
  • Métro : Place Monge (L7), Jussieu (L7, L10), Cardinal Lemoine (L10).​
  • Bus : lignes 47, 67, 89 (rue Monge, boulevard Saint‑Germain).

Pour prolonger cette plongée dans un Paris insolite et original, rejoignez le Jardin des Plantes et le Muséum national d’Histoire naturelle, ou montez vers la rue Mouffetard et le Panthéon.


À l’angle de la rue Daubenton et de la rue Geoffroy‑Saint‑Hilaire, dans le 5ème arrondissement, la Grande Mosquée de Paris déploie son minaret de 34 mètres, ses patios de zelliges, ses fontaines et son jardin à l’andalouse.

Dès qu’on franchit son portail en bois sculpté, le bruit de la ville disparaît, remplacé par le murmure de l’eau et le parfum des figuiers.

Le projet de mosquée est lancé au XIXᵉ siècle par des orientalistes, mais il ne se concrétise qu’après après la Première Guerre mondiale. En effet, c’est en 1920 qu’une loi française décide la création de l’«Institut musulman de la Mosquée de Paris» afin d’honorer les dizaines de milliers de soldats musulmans morts pour la France.

La première pierre est posée en 1922, et l’édifice est inauguré en 1926 en présence du président de la République Gaston Doumergue et du sultan du Maroc Moulay Youssef.​​

L’architecture s’inspire des mosquées marocaines et andalouses, en particulier de la mosquée al‑Quaraouiyine de Fès : minaret carré couvert de faïences, patios entourés de galeries, boiseries en cèdre sculpté, stucs et calligraphies. Les jardins plantés d’arbousiers, de grenadiers et de citronniers, ponctués de bassins, créent l’impression d’une oasis au cœur de Paris. Outre la salle de prière, la mosquée comprend un salon de thé, un restaurant, un hammam et des espaces culturels, ce qui en fait un lieu de prière mais aussi de rencontre et de découverte pour les Parisiens et les visiteurs.​​

  • Adresse : Place du Puits‑de‑l’Ermite, 75005 Paris.​
  • Métro : Place Monge (L7), Censier‑Daubenton (L7), Jussieu (L7, L10).​
  • Bus : notamment lignes 24, 67 (arrêt Buffon – La Mosquée) et autres lignes le long du Jardin des Plantes.

En sortant, traversez le Jardin des Plantes et ses galeries, ou gagnez la Seine pour longer les quais jusqu’à l’Institut du monde arabe.


Entre le Jardin du Luxembourg et l’Observatoire, au 3, rue Michelet, un bâtiment de briques rouges, crénelé comme un château et ceint d’une longue frise de sculptures antiques, intrigue les passants. Il s’agit de l’Institut d’Art et d’Archéologie, aussi appelé Centre Michelet.

Sa silhouette de forteresse toscane en fait une étape parfaite pour une visite du Paris insolite et original.

Le centre Michelet et sa façade original et insolite au milieu de Paris

Tout commence avec le don, en 1917, de la bibliothèque d’art et d’archéologie du couturier Jacques Doucet à l’Université de Paris. Pour abriter ces fonds exceptionnels, un concours d’architecture est lancé et remporté par Paul Bigot. L’édifice est construit entre 1925 et 1928 et inauguré à la fin des années 1920.​

Les façades en briques rouges rappellent les palais civils de Sienne, tandis que les volumes et certains détails s’inspirent aussi de l’architecture mauresque et subsaharienne, notamment de la grande mosquée de Djenné au Mali. La frise en terre cuite qui ceinture le bâtiment reproduit des fragments de sculptures grecques, romaines, médiévales et renaissances réalisés par la Manufacture de Sèvres, faisant de l’enveloppe elle‑même une sorte de musée en plein air.​

Aujourd’hui, l’Institut héberge des départements d’histoire de l’art et d’archéologie de Sorbonne Université et de l’université Paris 1 Panthéon‑Sorbonne, ainsi que des collections pédagogiques, des bibliothèques spécialisées et le Centre André‑Chastel.​

Profitez en pour flâner dans le Jardin du Luxembourg, visiter l’Observatoire de Paris ou remonter vers le quartier de l’Odéon.


Sur le flanc ouest de la Butte‑aux‑Cailles, un portail bleu au 10, rue Daviel cache un hameau de maisons à colombages qui semblent venues tout droit de l’est de la France.

La Petite Alsace, ou cité Daviel, est une ancienne cité ouvrière dont la silhouette pittoresque contraste fortement avec les grands immeubles alentour. En y entrant, on découvre un Paris insolite et original, fait de jardins, de toits pointus et de façades colorées, à quelques minutes seulement de la place d’Italie.​

Maison insolite et originale à colombage alsacienne à Pars

La Petite Alsace est construite en 1912 par l’architecte Jean Walter pour la société d’habitation à bon marché «L’habitation familiale», à l’initiative de l’abbé Jean Viollet.

L’ensemble comprend une quarantaine de pavillons mitoyens en briques et colombages, organisés autour d’une cour centrale d’environ 500 m², avec jardins et arbres.

Ces maisons, destinées aux familles d’ouvriers des usines environnantes, reprennent un vocabulaire régionaliste inspiré de l’Alsace : colombages apparents, toits débordants, pignons pointus, menuiseries colorées.​

Aujourd’hui, la cité reste une copropriété privée, habitée, que l’on ne visite que si la grille est ouverte ou avec l’accord des résidents.

  • Adresse : 10, rue Daviel, 75013 Paris.​
  • Métro : Corvisart (L6), Glacière (L6).​
  • Bus : plusieurs lignes autour de la place d’Italie et du boulevard Auguste‑Blanqui.

En sortant de la cité, traversez la charmante Villa Daviel, impasse pavée bordée de maisonnettes fleuries. Puis grimpez vers les rues de la Butte‑aux‑Cailles, connues pour leur ambiance de village, leurs fresques de street art et leurs petites places.


Au 48, rue de Courcelles, dans le 8ᵉ arrondissement, une façade rouge en forme de pagode chinoise rompt brutalement avec les immeubles haussmanniens voisins.

La Maison Loo, souvent appelée « La Pagode de Paris », est l’une des constructions les plus surprenantes de la capitale : quatre étages coiffés de toits recourbés, tuiles vernies, créatures mythiques sur le faîtage et portail en bois précieux. Il s’agit d’une des indiscutables incarnations du Paris insolite et original.

À l’origine, Maison Loo était un hôtel particulier classique du XIXᵉ siècle. En 1925‑1926, le marchand d’art chinois Ching Tsai Loo rachète l’édifice et demande à l’architecte Fernand Bloch de le transformer en pagode, pour abriter sa galerie d’art asiatique C. T. Loo & Cie. La surélévation de deux étages, la nouvelle toiture en pagode et la façade peinte en rouge vif suscitent la colère d’une partie du voisinage, mais l’ensemble finit par s’imposer comme curiosité architecturale.​​

L’architecture reprend les codes traditionnels chinois : avant‑toits recourbés couverts de tuiles vernies, garde‑corps géométriques, bandeaux décorés et portail monumental orné de sculptures. À l’intérieur on trouvait des panneaux de laque rouge du XVIIIᵉ siècle, des salons thématiques et une importante collection d’art asiatique.

Rénovée dans les années 2010 et inscrite aux monuments historiques, la Pagode abrite aujourd’hui The Pagoda Paris, un lieu d’expositions et d’événements privés, visible surtout de l’extérieur pour le grand public.​​

  • Adresse : 48, rue de Courcelles, 75008 Paris, près du parc Monceau.​
  • Métro : Courcelles (L2), accès possible aussi depuis Monceau (L2) ou Villiers (L2, L3).​
  • Bus : nombreuses lignes sur le boulevard de Courcelles et autour du parc Monceau.

Combinez cette halte avec une promenade dans le parc Monceau, connu pour ses fabriques et ses perspectives, puis une exploration des hôtels particuliers du boulevard de Courcelles. Le site officiel Pagoda Paris donne des informations sur les expositions et l’histoire de ce bâtiment unique.​


Sur la rive gauche de la Seine, au 1, quai Branly, cinq bulbes dorés scintillent entre les arbres et les façades de pierre.

La cathédrale orthodoxe russe de la Sainte‑Trinité, est inauguré en 2016, pourtant, de nombreux touristes et Parisiens ignorent encore l’existence de ce complexe spirituel et ratent donc un aspect pour le moins original et insolite de Paris.

Le projet est lancé en 2007 par le patriarche Alexis II de Moscou, avec le soutien des autorités françaises et russes. En 2010, la Fédération de Russie achète un terrain d’environ 4 000 m² quai Branly, non loin du pont de l’Alma et du ministère des Affaires étrangères. La cathédrale et le centre spirituel et culturel orthodoxe russe (CSCOR) sont conçus par l’architecte Jean‑Michel Wilmotte. Le chantier se déroule entre 2013 et 2016 ; les dômes sont posés en 2016 et l’ensemble est inauguré la même année, pour un coût estimé à environ 170 millions d’euros, entièrement financé par la Russie.​

Architecturalement, la cathédrale mélange des références néo‑russes et néo‑byzantines : un volume en pierre sobre, surmonté de cinq bulbes dorés symbolisant le Christ et les quatre évangélistes, coiffés de croix orthodoxes. Le CSCOR comprend également une maison paroissiale, un auditorium d’environ 200 places, un centre culturel avec salles d’exposition, un pôle éducatif et une librairie.

  • Adresse : 1, quai Branly, 75007 Paris.​
  • RER / Métro : Pont de l’Alma (RER C), Alma‑Marceau (L9), Invalides (L8, L13, RER C).​
  • Bus : lignes le long de la Seine et autour du musée du quai Branly – Jacques Chirac.

Profitez de cette étape dans un Paris secret et original pour visiter le musée du quai Branly – Jacques Chirac, puis traverser la Seine vers le Trocadéro ou remonter vers les Invalides. Le site institutionnel Paris je t’aime et la page officielle de la cathédrale détaillent les horaires et les activités culturelles proposées.​


Ces sept lieux montrent que la richesse de Paris ne se limite pas à ses monuments les plus connu. Un Paris insolite et original existe, du Marais médiéval aux cités ouvrières du 13ᵉ, en passant par les pagodes chinoises ou les cathédrales russes contemporaines … et il vaut le détour !