Découvrez l’histoire d’Au Lapin Agile, le cabaret situé sur la butte Montmartre, dans le 18e arrondissement de Paris.
Au 18ème siècle, le quartier de Montmartre se situe en dehors de Paris. Il se trouve au-delà du Mur des Fermiers généraux qui entoure la capitale et permet la perception d’un impôt sur les marchandises entrant dans la ville. Le vin y est donc moins cher qu’à Paris.
Pour cette raison, le bas de la colline de Montmartre voit apparaître de nombreux cabarets, comme le Moulin Rouge. Ces derniers attirent des clients parisiens ainsi qu’une population de marginaux, de souteneurs et de prostitués. Le village de Montmartre, situé sur le haut de la colline, en plus de son vin peu cher, offre également l’avantage de disposer de logements à bas prix. Il attire donc des personnes modestes dont les artistes, nombreux à venir s’y installer. Leur nombre devient considérable à partir de 1890.
C’est là, sur le haut de la colline de Montmartre, qu’est construite en 1795 une petite auberge. Elle est d’abord nommée Au rendez-vous des voleurs. En 1860, elle est transformée en cabaret. Elle prend ensuite le nom de Cabaret des Assassins. Et ce, parce que sont accrochées au mur des gravures représentant des assassins célèbres comme François Ravaillac (le tueur d’Henri IV) ou Jean-Baptiste Troppmann (qui a tué les huit membres d’une même famille en 1849).
Quelques années plus tard, en 1880, le propriétaire de ce cabaret demande à un caricaturiste qui fréquentait son établissement — André Gill — de lui dessiner une enseigne. Celui-ci lui peint un lapin vêtu d’un manteau vert, d’une écharpe rouge et d’une casquette qui s’échappe d’une casserole. Les clients surnomment alors le cabaret le Lapin à Gil en référence à cette nouvelle enseigne et à son auteur. Avec le temps, ce nom se transforme en Lapin agile.
Au début du 20ème siècle, le cabaret est racheté par Berthe Sébource et sa fille Marguerite Luc. Elles sont rejointes par Frédéric Gérard. Sous la direction de ce trio, l’établissement devient un lieu incontournable de la « bohème », mouvement littéraire et artistique qui se manifeste par un style de vie mêlant pauvreté, rejet de la domination bourgeoise et de la société industrielle, et recherche d’un idéal esthétique et politique. Au Lapin Agile, on retrouve ainsi l’écrivain Pierre Mac Orlan qui vient y chanter quelques chansons ou Guillaume Apollinaire qui y lit ses poèmes. Pablo Picasso vient également y peindre.
En 1910, le Lapin agile a aussi été le théâtre d’un célèbre canular artistique. En effet, cette année-là, l’un des clients réguliers de l’établissement, le journaliste et écrivain Roland Dorgelès, souhaite se moquer des critiques d’art. Pour cela, il emprunte l’âne du patron du cabaret. Il lui accroche au bout de la queue un pinceau avec de la peinture et le place devant une toile. Sous le contrôle d’un huissier, il donne des carottes à l’âne afin que celui-ci secoue sa queue et bouge le pinceau sur la toile.
Il signe l’œuvre Joachim-Raphaël Boronali. Il la présente ensuite à Paris, dans une grande exposition d’art réunissant de multiples artistes connus et inconnus. Le tableau nommé Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique fait l’objet de différents articles, dont quelques-uns sont même élogieux !
Roland Dorgelès dévoile alors son canular dans les colonnes du journal L’Illustration. Il prouve ses dires grâce au constat de l’huissier et grâce à une photo où l’on voit l’âne appliquer de la couleur sur la toile. Dorgelès explique que le canular avait pour but de « montrer aux niais, aux incapables et aux vaniteux qui encombrent une grande partie du Salon des indépendants que l’œuvre d’un âne, brossée à grands coups de queue, n’est pas déplacée parmi leurs œuvres. »
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Le Polidor est un restaurant est un restaurant historique de Paris qui se trouve dans la rue Monsieur-le-Prince, dans le 6ème arrondissement, juste à côté du jardin du Luxembourg et du Panthéon.
Cet établissement a été créé au début du 19ème siècle. Il s’agissait alors d’une crèmerie où l’on consommait essentiellement des œufs, du laitage et du fromage, mais qui servait aussi des repas. Par la suite, la crèmerie a été abandonnée au profit de la seule restauration.
La devanture et l’intérieur du Polidor datent du début du 20ème siècle et n’ont pas changé depuis cette époque, même si elles ont été rénovées récemment. La décoration, quant à elle, est une accumulation de meubles, d’objets, de peintures et de photos qui se sont accumulés au cours des cent dernières années et qui rappellent souvent la clientèle — aujourd’hui célèbre — qui y mangeaient régulièrement.
En effet, le Polidor est connu pour avoir été fréquenté par de nombreux poètes, écrivains et artistes en tout genre, attirés par le quartier et les tarifs abordables du restaurant : Ionesco, Boris Vian, James Joyce, ou encore Ernest Hemingway.
D’ailleurs, dans le film Midnight in Paris de Woody Allen, le personnage principal remonte le temps et rencontre l’auteur de Le vieil homme et la mer … dans la salle du Polidor !
Cette salle accueille aujourd’hui une clientèle essentiellement touristique, mais le menu reste celui d’un bistrot parisien traditionnel de par les plats proposés et les tarifs.
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